DANS L'ENSEIGNEMENT SUPERIEURSouvent associées au seul monde de l’entreprise, les situations de harcèlement sexuel existent également dans les lieux de formation et de recherche que sont les établissements d’enseignement supérieur et de recherche. Le harcèlement sexuel ne s’arrête pas aux portes des universités, des grandes écoles, ou encore des instituts de recherches, publics ou privés.
Les caractéristiques de l’enseignement supérieur et de la recherche créent à la fois des conditions propices au harcèlement sexuel et à sa négation. En effet, la relation de dépendance entre un·e doctorant·e et son/sa directeur/directrice de thèse, et le cas échéant son encadrant·e ou co-directeur/co-directrice, est particulièrement propice au harcèlement sexuel et aux agressions. Ainsi, la nécessité de l’accord du directeur/de la directrice de thèse pour de nombreuses démarches et activités (formulaires administratifs – inscription, réinscription, visa, etc. –, demandes de financement, autorisations de publication, candidatures à des postes d’enseignement – de la vacation aux postes d’ATER) expose les doctorant·e·s au harcèlement sexuel. Plus largement, la personnalisation de la relation pédagogique dans l’enseignement supérieur (par exemple pour le suivi d’un mémoire) accroît les risques d’abus de pouvoir et donc, notamment, de harcèlement sexuel. les spécificités de la vie étudianteDe plus, les spécificités de la vie étudiante comportent elles aussi des risques : la cohabitation en résidences étudiantes, les soirées ou week-end « d’intégration » et les traditions de « bizutage » (qui continuent d’exister malgré leur interdiction) constituent, par exemple, autant de situations qui peuvent générer toutes formes de violences sexistes et sexuelles. Pourtant, l’ESR bénéficie d’une image de monde progressiste, protégé du sexisme, particulièrement dans ses expressions les plus violentes, bien que les enquêtes, comme les témoignages reçus par les associations, montrent que les violences envers les femmes existent dans les mêmes proportions dans tous les milieux socio-professionnels. Cette image participe alors, plus que dans d’autres milieux, à nier la réalité des violences sexistes et sexuelles et donc à maintenir le silence qui l’entoure. |